Comment supprimer un site internet : ce qu’il faut savoir

Vous avez décidé de fermer votre site web, que ce soit pour une refonte complète, un changement de stratégie ou simplement parce que le projet n’a plus lieu d’être. Supprimer un site internet ne se résume pas à un simple clic : il faut penser à l’hébergement, au référencement Google, au nom de domaine et aux données. Je vous explique comment faire tout ça proprement, étape par étape, sans stress et sans oubli.

Avant de supprimer : ce qu’il faut absolument faire

Supprimer un site, c’est irréversible. Avant de vous lancer, prenez le temps de sécuriser ce qui compte vraiment et d’anticiper les conséquences. Trois actions essentielles avant de tout effacer.

Sauvegarder tous vos contenus

Même si vous êtes sûr de ne jamais relancer le site, faites une sauvegarde complète. Textes, images, vidéos, base de données, configuration, tout y passe. Vous ne savez jamais ce dont vous aurez besoin plus tard.

Connectez-vous via FTP (avec FileZilla par exemple) et téléchargez l’intégralité du dossier de votre site. Pour la base de données, passez par phpMyAdmin depuis votre interface d’hébergement et exportez-la au format SQL. Si vous utilisez WordPress, des plugins comme UpdraftPlus ou All-in-One WP Migration font ça en quelques clics.

N’oubliez pas vos statistiques (Google Analytics, Search Console) et vos emails si vous avez des adresses liées au domaine.

Prévenir vos visiteurs et clients

Si votre site a du trafic ou si des clients y accèdent régulièrement, informez-les avant la suppression. Un simple message en page d’accueil suffit, avec une date de fermeture et éventuellement un lien vers votre nouveau site ou vos réseaux sociaux.

Pour les sites e-commerce ou les services en ligne, c’est encore plus important. Donnez un délai raisonnable (au moins une semaine) pour que les gens puissent récupérer leurs informations ou finaliser leurs commandes.

Vérifier vos abonnements actifs

Faites le tour de tous les services liés à votre site : hébergement web, nom de domaine, adresses email professionnelles, certificat SSL, éventuels services tiers (newsletters, outils marketing, CDN…).

Chez la plupart des hébergeurs comme OVH, o2switch ou IONOS, l’hébergement et le domaine sont deux abonnements distincts. Vérifiez vos dates d’échéance et désactivez le renouvellement automatique si vous ne voulez pas être facturé inutilement.

Étape 1 : Supprimer les fichiers de votre hébergement

C’est la partie la plus technique, mais rien d’insurmontable. Vous avez plusieurs méthodes selon votre niveau de confort avec les outils web.

Via l’interface de votre hébergeur

La manière la plus simple pour la plupart des utilisateurs. Connectez-vous à votre espace client chez votre hébergeur.

Chez OVH : allez dans « Hébergements », sélectionnez celui que vous voulez supprimer, puis dans l’onglet « FTP » vous pouvez vider le contenu ou directement résilier l’hébergement depuis « Informations générales ».

Chez o2switch : rendez-vous dans le cPanel, puis « Gestionnaire de fichiers ». Sélectionnez le dossier public_html (ou www selon la config) et supprimez tout son contenu. Pour la base de données, passez par phpMyAdmin et supprimez-la.

Chez IONOS : connectez-vous à votre espace, accédez à « Hébergement », sélectionnez le package concerné et dans les options vous trouverez « Supprimer l’hébergement ».

Via FTP avec FileZilla

Si vous préférez avoir un contrôle total, utilisez un client FTP comme FileZilla. Récupérez vos identifiants FTP depuis votre hébergeur (hôte, login, mot de passe).

Connectez-vous à votre serveur distant, naviguez jusqu’au dossier racine de votre site (souvent www, public_html ou htdocs), et supprimez tout le contenu. C’est radical mais efficace.

Attention, cette action est définitive. Certains hébergeurs gardent une sauvegarde automatique pendant quelques jours, mais ne comptez pas dessus.

Pour les sites WordPress, Wix ou autres CMS

WordPress : si votre site est hébergé classiquement, suivez la méthode FTP ou hébergeur ci-dessus. Si vous êtes sur WordPress.com, allez dans Réglages > Général > Supprimer le site (tout en bas). Vous devrez d’abord annuler vos éventuels abonnements Premium.

Wix : depuis votre tableau de bord, cliquez sur l’icône « Paramètres » à côté du site concerné, puis « Gérer » > « Supprimer ». Le site ira dans la corbeille pendant 90 jours avant suppression définitive.

Shopify, Squarespace, Webflow : chaque plateforme a sa procédure dans les paramètres du site. Généralement dans « Paramètres » > « Compte » ou « Facturation ».

Étape 2 : Désindexer votre site de Google

Supprimer les fichiers ne suffit pas. Votre site reste visible dans Google tant qu’il n’est pas désindexé. Cette étape est cruciale pour que votre site disparaisse vraiment du web.

Supprimer les pages via Google Search Console

Si vous avez accès à la Google Search Console (et vous devriez), c’est la méthode la plus rapide.

Connectez-vous à votre compte Search Console, sélectionnez la propriété correspondant à votre site. Dans le menu latéral, allez dans « Suppressions » (sous « Indexation »). Cliquez sur « Nouvelle demande » et entrez l’URL de la page à supprimer, ou utilisez un préfixe pour supprimer tout un dossier ou le site entier.

Google traitera votre demande sous quelques jours maximum. C’est temporaire (6 mois), mais largement suffisant si les fichiers sont déjà supprimés de votre serveur.

Demander la suppression de contenu obsolète

Si votre site est déjà hors ligne mais apparaît encore dans les résultats Google, utilisez l’outil de suppression de contenu obsolète.

Rendez-vous sur la page dédiée de Google (cherchez « supprimer contenu obsolète Google ») et soumettez les URLs qui pointent vers des pages 404. Google vérifiera que le contenu n’existe plus et le retirera de son index.

Cette méthode prend un peu plus de temps que la Search Console, mais elle fonctionne même si vous n’avez jamais configuré de compte.

Combien de temps ça prend ?

En règle générale, comptez entre 24h et une semaine pour que votre site disparaisse complètement des résultats de recherche Google. Parfois un peu plus selon le volume de pages.

Pour vérifier, faites une recherche Google avec site:votredomaine.com. Si aucun résultat n’apparaît, c’est bon. Sinon, patientez encore quelques jours ou refaites une demande de suppression.

Étape 3 : Résilier votre nom de domaine

Le nom de domaine, c’est votre adresse web. Hébergement supprimé, site désindexé… il reste encore à gérer le domaine lui-même.

Laisser expirer ou supprimer

Vous avez deux options : laisser expirer naturellement le domaine à la fin de votre abonnement, ou demander sa suppression anticipée.

Si vous laissez expirer, le domaine restera réservé à votre nom jusqu’à la date d’échéance. Ensuite, il entrera en période de « rédemption » (environ 30 jours) pendant laquelle vous pourrez encore le récupérer moyennant des frais. Passé ce délai, il redevient disponible pour tout le monde.

Si vous demandez la suppression, le processus est plus rapide, mais vérifiez bien les conditions de votre registrar. Certains ne remboursent pas, d’autres facturent des frais de résiliation.

Chez les registrars populaires

OVH : dans votre espace client, allez dans « Noms de domaine », sélectionnez le domaine concerné, puis « Résilier » dans les options. Attention, OVH ne rembourse pas les mois non utilisés.

Gandi : connectez-vous à votre compte, accédez à vos domaines, cliquez sur celui à supprimer et choisissez « Supprimer le domaine ». Vous pouvez aussi simplement désactiver le renouvellement automatique et laisser expirer.

o2switch : contactez le support via ticket pour demander la suppression du domaine, ou désactivez le renouvellement auto dans votre espace client.

Dernier conseil : si vous pensez un jour réutiliser ce nom de domaine, gardez-le plutôt que de le laisser partir. Un domaine coûte entre 10 et 15 euros par an, c’est peu cher pour éviter qu’un concurrent ou un squatteur ne s’en empare.

Les alternatives à la suppression totale

Supprimer un site, c’est définitif. Avant de tout casser, demandez-vous si une solution intermédiaire ne conviendrait pas mieux à votre situation.

Mode maintenance temporaire

Vous avez besoin de faire une pause ou une grosse refonte ? Activez un mode maintenance plutôt que de tout supprimer. Vos visiteurs verront un message simple du type « Site en maintenance, retour prochainement » avec éventuellement une date ou un lien de contact.

Sur WordPress, des plugins comme WP Maintenance Mode ou SeedProd font ça en deux clics. Sur les autres plateformes, cherchez dans les paramètres ou créez une simple page HTML que vous mettez à la racine de votre site.

L’avantage ? Vous conservez votre référencement, votre domaine reste actif, et vous pouvez travailler tranquillement en arrière-plan.

Redirection 301 vers un nouveau site

Si vous fermez un site pour en lancer un nouveau, ne gâchez pas votre capital SEO. Mettez en place des redirections 301 pour transférer l’autorité de l’ancien site vers le nouveau.

Créez un fichier .htaccess à la racine de votre ancien site avec une règle de redirection globale, ou redirigez page par page si vous voulez être plus précis. Google transférera progressivement le « jus SEO » vers vos nouvelles URLs.

C’est particulièrement utile si vous changez de nom de domaine mais gardez la même activité.

Archivage du site

Vous voulez garder une trace de votre site sans qu’il soit actif ? Archivez-le. Deux solutions : en local sur votre disque dur, ou en ligne sur un sous-domaine type archive.votredomaine.com en version statique.

Pour l’archivage local, utilisez un outil comme HTTrack qui télécharge l’intégralité du site en HTML statique. Pour l’archivage en ligne, dupliquez votre site, supprimez toutes les fonctionnalités dynamiques (formulaires, comptes utilisateurs…) et placez-le sur un hébergement minimal.

Les erreurs à ne surtout pas commettre

Quelques pièges classiques que je vois régulièrement et qui peuvent vous coûter cher :

Ne pas sauvegarder avant de supprimer. Une fois les fichiers effacés du serveur, c’est terminé. Vous n’aurez aucun moyen de récupérer vos contenus, vos images, vos bases de données. Faites toujours une sauvegarde complète même si vous êtes sûr de ne jamais en avoir besoin.

Oublier de gérer le nom de domaine. Supprimer l’hébergement ne supprime pas le domaine. Si vous ne résiliez pas ou ne laissez pas expirer votre domaine, vous continuerez à payer l’abonnement alors que le site n’existe plus.

Supprimer sans désindexer. Votre site va rester visible dans Google pendant des semaines, voire des mois, avec des liens morts qui renvoient vers des erreurs 404. Mauvaise expérience utilisateur et mauvais signal pour Google.

Laisser traîner des services actifs. Adresses email professionnelles, certificats SSL, plugins premium, services de newsletter… tous ces abonnements continuent de tourner (et d’être facturés) même si le site n’existe plus. Faites le ménage.

Ne pas communiquer. Si vous avez une audience, des clients ou des partenaires qui utilisent votre site, prévenez-les avant de tout couper. Un message d’information quelques jours avant la suppression évite les incompréhensions et préserve votre image.


Supprimer un site internet, ce n’est pas sorcier, mais ça demande de la méthode. Hébergement, Google, nom de domaine, sauvegardes : chaque étape compte. Si vous avez le moindre doute, prenez le temps de réfléchir aux alternatives comme le mode maintenance ou les redirections 301. Et surtout, n’oubliez jamais de sauvegarder avant de supprimer quoi que ce soit. Une fois que c’est parti, c’est parti pour de bon.

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