La Logitech G Pro Wireless divise encore aujourd’hui. Certains la considèrent comme la référence absolue des souris gaming sans fil, d’autres pointent son prix élevé et ses défauts de jeunesse. Après plusieurs mois de tests intensifs en FPS et MOBA, voici notre avis complet et sans filtre sur cette souris qui a marqué le marché du gaming.
Ce qui fait la force de la G Pro Wireless
Un poids plume qui change tout en jeu
80 grammes. C’est le chiffre qui revient sans cesse quand on parle de cette souris, et pour cause : c’était une prouesse technique à sa sortie. Logitech a réussi à créer une souris sans fil gaming plus légère que la plupart des modèles filaires du marché.
En pratique, cette légèreté change vraiment la donne. Sur des FPS nerveux comme Valorant ou CS2, les mouvements rapides et les flicks deviennent plus précis. Vous gagnez en réactivité pure parce que la souris oppose moins de résistance à vos gestes. Sur des MOBA où vous enchaînez les clics et les déplacements pendant des heures, la fatigue se fait beaucoup moins sentir.
La sensation au premier contact surprend d’ailleurs. On a l’impression de soulever une coque vide. Logitech a réduit l’épaisseur du châssis à 1mm pour arriver à ce résultat. Le plastique tient bon malgré tout, même si on sent que la souris a été pensée pour la performance avant la robustesse.
Attention tout de même : ce poids ultra léger ne convient pas à tout le monde. Si vous aimez avoir une souris avec du poids sous la main pour mieux contrôler vos mouvements lents, passez votre chemin. Il n’y a aucun système de poids ajustable ici. C’est 80 grammes, point final.
Le capteur HERO 16K, une référence technique
Le capteur HERO 16K développé par Logitech reste l’un des meilleurs du marché. Et ce n’est pas du marketing : en jeu, le tracking est irréprochable. Chaque micro-mouvement est capté avec une précision chirurgicale, même à haute sensibilité.
Logitech annonce jusqu’à 16 000 DPI sans lissage, filtrage ou accélération. En réalité, vous n’irez jamais aussi haut. La plupart des joueurs pros tournent entre 400 et 3200 DPI. Mais avoir cette marge signifie que le capteur reste précis même sur des configurations très sensibles.
Sur le terrain, aucun décrochage constaté même lors de mouvements ultra rapides. Le capteur suit à plus de 400 IPS sans broncher. Que vous jouiez en low sens avec de grands gestes ou en high sens avec des micro-ajustements, le résultat est constant. Pas de surprise, pas d’approximation.
Point important : ce capteur consomme beaucoup moins d’énergie que les anciennes générations. C’est ce qui permet à la G Pro Wireless d’offrir une autonomie correcte malgré son poids réduit. Une vraie prouesse d’optimisation.
Une connexion sans fil irréprochable
Parlons de l’éléphant dans la pièce : est-ce qu’une souris sans fil peut vraiment rivaliser avec le filaire en 2025 ? Avec la technologie Lightspeed de Logitech, la réponse est oui.
La latence mesurée est de 1ms. Autant dire qu’en jeu, c’est imperceptible. Même sur des titres ultra compétitifs où chaque milliseconde compte, impossible de faire la différence avec une connexion filaire. Zéro micro-lag, zéro déconnexion intempestive pendant nos tests.
L’autonomie tient les promesses : 48 heures avec l’éclairage RGB activé, 60 heures sans. En usage réel avec des sessions gaming quotidiennes de 3 à 4 heures, vous rechargez la souris environ une fois par semaine. C’est confortable.
Le câble de recharge fourni se branche à l’avant de la souris, ce qui permet de continuer à jouer pendant la charge. Un détail important que certains constructeurs oublient encore. Le dongle USB se range dans une trappe magnétique sous la souris pour le transport.
Dernier point : la G Pro Wireless est compatible avec le système Powerplay de Logitech, un tapis de souris à recharge par induction. Pratique pour ne plus jamais brancher de câble, mais vendu 130€ séparément. Franchement excessif.
Les points qui posent question
Le prix, vraiment justifié ?
Soyons honnêtes : 150€ à sa sortie, c’était cher. Très cher même pour une souris gaming. Aujourd’hui, on la trouve entre 80 et 100€ selon les promos, ce qui la rend plus accessible mais toujours positionnée sur le haut de gamme.
La question qu’il faut se poser : est-ce que les performances justifient ce tarif ? Si vous êtes un joueur compétitif qui cherche le meilleur setup possible, oui. Le poids, le capteur et la connexion sans fil sont au top. Vous payez pour de la technologie qui fonctionne vraiment.
En revanche, si vous jouez occasionnellement ou que vous cherchez juste une bonne souris sans fil pour tous les jours, il existe des alternatives à 50-70€ qui feront très bien le job. La Logitech G703 par exemple, offre un excellent rapport qualité/prix avec des performances proches.
La concurrence s’est aussi durcie. La Logitech G Pro X Superlight (la version améliorée) est sortie à 63 grammes et corrige certains défauts. La Razer Viper Ultimate propose des specs comparables pour moins cher. Le marché a évolué et la G Pro Wireless originale n’est plus seule sur son segment.
Durabilité et double-clic : le talon d’Achille
Voici le vrai problème de cette souris : les switchs ont une fâcheuse tendance à développer des double-clics après quelques mois d’utilisation intensive. Ce n’est pas un cas isolé. En parcourant les avis utilisateurs sur LDLC, Amazon ou Reddit, ce défaut revient très régulièrement.
Concrètement, le clic gauche (parfois le droit) se met à enregistrer deux clics au lieu d’un. Catastrophique en jeu, notamment sur les FPS où un tir involontaire peut vous faire perdre un round. Logitech a reconnu le problème et propose des RMA, mais ça reste frustrant sur une souris à ce prix.
Les boutons latéraux posent aussi question. Plusieurs utilisateurs rapportent qu’ils cessent de fonctionner après 1 à 2 ans. Sur notre exemplaire de test, pas de souci après 6 mois, mais la durée reste à confirmer sur le long terme.
Côté patins en PTFE, ils tiennent bien. Logitech annonce 250 km de glisse, ce qui correspond à plusieurs années d’usage normal. Par contre, ils s’usent plus vite sur les tapis rugueux. Prévoyez un remplacement si vous jouez intensivement.
Notre conseil : si vous achetez cette souris, gardez bien la facture et n’hésitez pas à contacter le SAV au moindre souci de double-clic. Logitech est généralement réactif sur ce point.
Design ambidextre : un compromis ergonomique
La forme ambidextre de la G Pro Wireless est à double tranchant. Elle permet aux gauchers de l’utiliser sans problème (les boutons latéraux sont interchangeables), mais elle sacrifie un peu d’ergonomie au passage.
Le profil est relativement plat avec des flancs peu creusés. Résultat : certaines prises en main ne seront pas optimales. Si vous avez de grandes mains et que vous utilisez une prise palm grip (paume entière sur la souris), vous allez peut-être trouver la souris trop basse.
Le revêtement en plastique mat et lisse n’aide pas non plus. Agréable au toucher, certes, mais il offre peu de grip. Si vous avez les mains moites après quelques parties intenses, la souris peut glisser légèrement. Rien de dramatique, mais des modèles comme la Razer DeathAdder offrent un meilleur maintien.
Les joueurs avec des mains moyennes à petites et une prise claw grip ou fingertip grip (doigts arqués ou seulement le bout des doigts) seront plus à l’aise. La souris s’efface, ne gêne pas, et sa légèreté devient un vrai atout.
Point négatif : le bouton de changement de DPI est placé sous la souris. Impossible d’y accéder en pleine partie. Vous devez configurer vos sensibilités via le logiciel G Hub et basculer entre les profils enregistrés. Dommage pour ceux qui aiment ajuster à la volée.
Pour quel type de joueur ?
Idéale pour les joueurs de FPS compétitifs
C’est simple : si vous jouez principalement à des FPS comme Valorant, CS2, Apex Legends ou Call of Duty, cette souris a été pensée pour vous. Le poids ultra léger combiné au capteur précis fait des merveilles sur ce type de jeux.
Les flicks sont plus rapides, les tracking shots plus fluides, les micro-ajustements plus précis. Beaucoup de joueurs pros l’ont adoptée (avant de passer à la Superlight) pour une bonne raison : elle ne freine pas votre jeu, elle le booste.
Les 4 boutons programmables (deux de chaque côté, amovibles) suffisent largement pour mapper vos actions essentielles : couteau, grenade, crouch, melee. Pas besoin de plus sur un shooter classique.
La connexion sans fil élimine le câble qui traîne sur le bureau et peut accrocher pendant les mouvements amples. Un vrai confort quand vous jouez en low sens avec de grands gestes du bras.
Moins adaptée aux MMORPG
Si vous êtes un joueur de MMORPG ou MOBA qui a besoin de nombreux raccourcis rapides, passez votre chemin. Quatre boutons programmables, c’est juste trop limité pour des jeux comme World of Warcraft, Final Fantasy XIV ou Guild Wars 2.
Des modèles comme la Logitech G600 (12 boutons latéraux) ou la Razer Naga sont bien plus adaptés à ces usages. Vous aurez toutes vos compétences et macros sous la main sans jongler avec les modificateurs clavier.
Sur des MOBA comme League of Legends ou Dota 2, ça passe encore. Vous n’avez pas besoin d’autant de raccourcis et la légèreté de la souris rend les déplacements et les clics répétitifs plus confortables sur la durée.
Usage bureautique possible mais limité
On peut tout à fait utiliser la G Pro Wireless pour de la bureautique classique. La souris est précise, confortable pour scroller, et l’autonomie tient une semaine de travail sans problème.
Mais avouons-le : dépenser 80 à 100€ pour une souris de bureau, c’est excessif. Des modèles comme la Logitech MX Master 3S offrent une ergonomie bien supérieure, une molette débrayable, et des boutons mieux placés pour la productivité.
Le bouton de DPI sous la souris devient même contraignant en bureautique. Ajuster la sensibilité rapidement selon les tâches (navigation web, retouche photo, etc.) n’est pas pratique.
Conclusion : la G Pro Wireless peut faire de la bureautique, mais ce n’est clairement pas son terrain de jeu naturel.
G Hub et personnalisation
Le logiciel G Hub
Logitech fournit son logiciel G Hub pour personnaliser la souris. L’interface est moderne, épurée, et relativement intuitive. On est loin des usines à gaz qu’on trouve parfois chez la concurrence.
Vous pouvez régler la sensibilité DPI par paliers (jusqu’à 5 niveaux différents), personnaliser l’éclairage RGB du logo, assigner des macros aux boutons programmables, et créer des profils spécifiques par jeu.
La souris possède une mémoire intégrée qui stocke jusqu’à 5 profils. Pratique si vous transportez votre souris pour des LAN ou si vous changez régulièrement d’ordinateur. Vos réglages restent sauvegardés sans avoir besoin de réinstaller G Hub.
Quelques limitations tout de même : impossible de régler indépendamment la sensibilité sur les axes X et Y. Pas de calibrage manuel du capteur non plus. Logitech part du principe que le HERO 16K s’adapte automatiquement à tous les tapis, ce qui est globalement vrai.
L’éclairage RGB peut être synchronisé avec d’autres périphériques Logitech via la technologie LightSync, ou réagir aux actions en jeu. Sympa pour l’effet visuel, mais sous votre paume, personne ne verra la LED de toute façon.
Notre verdict final
La Logitech G Pro Wireless reste une excellente souris gaming sans fil, mais elle n’est plus la reine incontestée qu’elle était à sa sortie en 2018. Le marché a évolué, la concurrence s’est renforcée, et certains défauts de conception (notamment les problèmes de double-clic) ternissent le tableau.
Les vrais points forts : le poids de 80 grammes qui change vraiment la donne en jeu, le capteur HERO 16K ultra précis, la connexion sans fil Lightspeed sans latence, et une autonomie confortable. Pour les joueurs de FPS compétitifs qui cherchent une souris performante et légère, elle fait toujours le job.
Les dealbreakers potentiels : le prix qui reste élevé même en promo, les problèmes de durabilité sur les switchs (double-clic après quelques mois d’usage intensif), le design ambidextre qui sacrifie un peu d’ergonomie, et le bouton de DPI mal placé sous la souris.
À qui on la recommande vraiment : aux joueurs de FPS qui veulent une souris sans fil ultra légère et performante, qui ont un budget confortable, et qui acceptent le risque de devoir passer par le SAV en cas de double-clic. Si vous jouez plusieurs heures par jour sur des titres compétitifs, l’investissement peut se justifier.
Les alternatives à considérer : la Logitech G Pro X Superlight (63 grammes, améliore plusieurs points), la Razer Viper Ultimate (comparable en specs, souvent moins chère), ou la Logitech G703 si vous cherchez un meilleur rapport qualité/prix avec un peu plus de poids.
En résumé : une souris techniquement impressionnante qui vieillit correctement, mais qui n’est plus un achat évident en 2025. Pesez bien le pour et le contre avant de sortir votre carte bancaire.
