Lost Ark débarque en Occident en février 2022 avec une promesse alléchante : un MMORPG action coréen, gratuit, publié par Amazon Games. Le jeu explose sur Steam dès son lancement avec plus de 1,3 million de joueurs simultanés. Mais trois ans plus tard, qu’en est-il vraiment ? On a testé, joué, grindé. Voici notre verdict sans filtre.
C’est quoi Lost Ark exactement ?
Lost Ark n’est pas un MMORPG classique. Développé par Smilegate RPG, le studio sud-coréen derrière ce mastodonte, le jeu mélange l’action nerveuse des hack’n slash isométriques type Diablo avec la profondeur et le contenu d’un vrai MMO. La vue en isométrie, les hordes d’ennemis qui explosent sous vos combos, les boss titanesques… Tout rappelle les meilleurs ARPG, mais avec une dimension massivement multijoueur.
Le jeu tourne sur Unreal Engine 3 et propose un monde ouvert gigantesque baptisé Arkesia, composé de sept continents distincts. Chaque zone possède son identité visuelle, ses monstres, ses secrets. L’univers fantasy est riche, même si l’histoire principale n’est franchement pas le point fort du titre.
Le modèle économique ? Free to play intégral. Vous téléchargez gratuitement sur Steam, vous jouez gratuitement. Tout le contenu PvE est accessible sans débourser un centime. Après, comme dans tous les F2P, il y a des microtransactions. On y reviendra.
Le gameplay : qu’est ce qui fait la différence ?
Un système de combat nerveux et spectaculaire
Le combat dans Lost Ark, c’est son ADN. Chaque classe dispose d’une palette de compétences visuellement impressionnantes et terriblement satisfaisantes à enchaîner. Les animations sont fluides, les impacts sonores bien sentis, les effets visuels spectaculaires sans être trop chargés.
Vous choisissez d’abord un archétype parmi six disponibles (Warrior, Martial Artist, Gunner, Mage, Assassin, Specialist), puis une advanced class qui définit vraiment votre style de jeu. Un Warrior peut devenir Berserker pour taper comme un bourrin, Paladin pour soigner et tank, ou Gunlancer pour encaisser les dégâts. Chaque advanced class propose un gameplay unique.
Le système de personnalisation des compétences, baptisé Tripod, offre trois niveaux de modification pour chaque capacité. Vous pouvez transformer une simple attaque en zone en combo dévastateur, ajuster les cooldowns, modifier les effets. Cette profondeur permet d’adapter finement votre build à votre style et au contenu que vous affrontez.
Contenu PvE et exploration
Lost Ark propose une quantité hallucinante de contenu en PvE. Au niveau 50 (le niveau max de base), le jeu s’ouvre vraiment et dévoile son endgame structuré en plusieurs activités quotidiennes et hebdomadaires.
Les Chaos Dungeons sont des donjons courts, très farming, où vous massacrez des vagues d’ennemis pour récupérer du stuff et des matériaux. Parfait pour les sessions rapides. Les Guardian Raids vous opposent à des boss massifs dans des combats chronométrés où chaque pattern doit être appris et maîtrisé. Pas de barre de vie affichée : vous devez sentir quand le monstre faiblit.
Les Abyssal Dungeons et les raids endgame comme Kazeros ou Brelshaza représentent le vrai défi. Coordination d’équipe obligatoire, mécaniques complexes, wipes garantis lors de l’apprentissage. C’est là que Lost Ark montre sa vraie profondeur et récompense les joueurs investis.
Le jeu propose aussi un système de collectibles dingue : des centaines de cartes à farmer pour débloquer des bonus de stats, des îles à explorer, des boss du monde ouvert, des quêtes narratives… Il y a toujours quelque chose à faire.
PvP et modes compétitifs
Le PvP dans Lost Ark fonctionne différemment du PvE. Tous les joueurs sont mis au même niveau avec un stuff identique : seul votre skill compte. Les arènes 3v3 sont compétitives, équilibrées, et demandent une vraie maîtrise de votre classe.
Si vous n’aimez pas le PvP classique, vous pouvez ignorer complètement cet aspect sans manquer de contenu essentiel. C’est appréciable.
Les classes jouables : quel personnage choisir ?
Lost Ark propose actuellement 18 advanced classes réparties en six archétypes. Chaque classe possède un gameplay distinct avec ses propres compétences, animations et rôle en groupe.
Les Warriors excellent au corps à corps avec des options DPS (Berserker, Destroyer) ou support/tank (Paladin, Gunlancer). Les Martial Artists enchaînent les combos rapides et spectaculaires, parfaits pour les joueurs qui aiment la mobilité. Les Gunners tapent à distance avec un arsenal d’armes à feu et de gadgets technologiques.
Les Mages dominent la magie élémentaire avec des sorts dévastateurs en zone. Les Assassins proposent un gameplay furtif et mobile, axé sur les dégâts critiques. Enfin, les Specialists regroupent des classes atypiques comme l’Artiste (support/heal) ou le Machinist.
Notre conseil ? Testez plusieurs classes. Le jeu encourage le multi-personnage pour farmer efficacement, et chaque classe offre une expérience vraiment différente. Si vous aimez taper fort et voir de gros chiffres, foncez sur Berserker. Si vous préférez la technique et les combos complexes, les Martial Artists sont faits pour vous.
La progression et l’endgame : le vrai défi
Le niveau 50 n’est que le début dans Lost Ark. Toute la vraie progression se fait via votre gear score (item level), qui détermine quel contenu vous pouvez affronter. Vous montez en tier progressivement : T1, T2, puis T3 qui constitue le gros du contenu actuel, et maintenant T4 qui arrive avec les dernières mises à jour.
Cette progression verticale est le nerf de la guerre. Vous farmez des matériaux dans vos activités quotidiennes, vous améliorez votre équipement pièce par pièce, vous priez pour que vos upgrades ne échouent pas (oui, il y a un système de RNG sur les améliorations). C’est chronophage, parfois frustrant, mais addictif.
La bonne nouvelle ? Amazon Games et Smilegate ont introduit des modes solo pour la plupart des raids majeurs. Fini l’obligation de trouver un groupe pour progresser. Vous pouvez maintenant affronter Brelshaza, Kazeros Acte 2 et 3, ou Mordum en solo avec un niveau de difficulté adapté. Une excellente décision pour les joueurs casuals ou ceux qui n’aiment pas dépendre d’une équipe.
Les systèmes de progression ont été simplifiés fin 2024 avec la suppression des mécaniques Transcendance et Elixir, jugées trop RNG. Le jeu devient plus accessible, même si le grind reste présent.
Modèle économique : vraiment free to play ?
Lost Ark est gratuit, point. Vous pouvez accéder à tout le contenu PvE sans dépenser un euro. Mais comme dans tous les F2P, il existe des raccourcis payants.
Le shop propose principalement des cosmétiques (skins, montures, pets) et des items qui accélèrent la progression : cristaux pour acheter des matériaux d’upgrade, boosts d’XP, etc. Vous pouvez techniquement tout obtenir gratuitement en jouant, mais ça prendra beaucoup plus de temps.
Est-ce du pay to win ? Techniquement, oui, vous pouvez payer pour progresser plus vite. Est-ce obligatoire ? Non. Les joueurs F2P purs peuvent atteindre l’endgame et farmer le contenu difficile sans problème. Vous serez juste en retard sur les gros spenders. En PvP, tout le monde est égalisé, donc zéro impact.
Notre avis ? Le modèle est relativement honnête pour un F2P coréen. Il favorise clairement ceux qui paient, mais ne bloque jamais personne. Si vous avez du temps à consacrer, vous profiterez pleinement du jeu sans sortir la CB.
État actuel du jeu fin 2024
Lost Ark a perdu une partie massive de sa base de joueurs depuis le pic de 2022. C’est factuel. Mais le jeu reste dans le top 10 Steam avec une communauté active et engagée. Les serveurs européens et américains tournent bien, vous trouvez facilement des groupes pour le contenu difficile.
Les mises à jour sont régulières. La mise à jour Winter’s Wrath de décembre 2024 a apporté de nouveaux modes solo, des ajustements de progression, et des événements saisonniers. L’update Day of Prophecy introduit le combat final contre Kazeros et clôture un arc narratif majeur.
Smilegate continue d’écouter le feedback et d’ajuster les systèmes problématiques. La suppression des mécaniques trop RNG, l’ajout des modes solo, la simplification de la progression T3… Le jeu évolue dans la bonne direction.
Si vous commencez aujourd’hui, c’est même un excellent moment. Les catch-up mechanics (systèmes pour rattraper les vétérans rapidement) sont nombreux, et vous ne serez pas noyé sous des années de contenu inaccessible.
Points forts et points faibles
Ce qu’on a aimé
Le combat reste la meilleure raison de jouer à Lost Ark. C’est fluide, spectaculaire, satisfaisant. Chaque classe offre une vraie identité, et les boss fights bien designés demandent skill et coordination. On ne se lasse pas de massacrer des hordes d’ennemis avec des combos dévastateurs.
La variété du contenu PvE impressionne. Entre les donjons, les raids, les boss du monde ouvert, les îles à explorer, les collectibles… Vous avez de quoi faire pendant des centaines d’heures. Le jeu récompense l’exploration et la curiosité.
Les graphismes sont magnifiques pour un jeu sorti en 2019 en Corée. Les environnements sont détaillés, les effets visuels impressionnants, les designs de boss mémorables. Techniquement, c’est du solide.
Et surtout, c’est gratuit. Pour un F2P, la qualité et la quantité de contenu sont exceptionnelles. Vous pouvez investir 500 heures sans dépenser un centime et profiter pleinement de l’expérience.
Ce qui peut rebuter
Le grind est omniprésent. Pour progresser en endgame, vous devez farmer vos activités quotidiennes et hebdomadaires religieusement. Si vous manquez quelques jours, vous prenez du retard. Cette structure peut devenir contraignante et transformer le jeu en job à temps partiel.
La courbe de progression en endgame est parfois frustrante. Les échecs d’amélioration d’équipement, le RNG sur les drops, les matériaux à farmer en quantité astronomique… Il faut accepter d’avancer lentement ou sortir la carte bleue.
L’histoire principale est franchement fade. Les dialogues sont génériques, les personnages peu mémorables, la narration convenue. Si vous cherchez un MMORPG pour son lore, passez votre chemin. Heureusement, l’endgame compense largement.
Les systèmes complexes peuvent intimider les débutants. Lost Ark jette énormément d’informations, de menus, de mécaniques différentes. Les premières heures sont déroutantes. Le jeu manque d’explications claires sur certains aspects cruciaux de la progression.
Notre verdict : pour qui est fait Lost Ark ?
Lost Ark s’adresse aux joueurs qui cherchent un MMORPG action nerveux avec un vrai défi en PvE. Si vous aimez apprendre des patterns de boss complexes, optimiser votre build, farmer du stuff et coordonner avec votre équipe sur des raids techniques, vous allez adorer.
C’est aussi parfait pour les fans d’ARPG type Diablo qui veulent plus de profondeur et de contenu social. Le format MMO offre une rejouabilité quasi infinie et une vraie communauté active.
Par contre, si vous détestez le grind, si vous voulez une progression rapide sans contrainte quotidienne, ou si vous cherchez un MMO pour son histoire, Lost Ark n’est pas fait pour vous. C’est un jeu qui demande du temps et de l’investissement régulier.
Les alternatives ? Path of Exile pour l’ARPG pur et exigeant, Final Fantasy XIV pour un MMORPG narratif moins grind, Guild Wars 2 pour du MMO casual friendly.
Lost Ark reste une expérience solide en 2024, gratuite, techniquement impressionnante et bourrée de contenu. Le combat exceptionnel et les raids endgame en font un incontournable du genre MMORPG action. À condition d’accepter ses défauts et son modèle F2P avec microtransactions. Si le concept vous tente, lancez-vous : vous ne risquez rien à part quelques centaines d’heures de votre vie.
